Facebook
Twitter
Contact

festival international des films berbères
CINEMA LE LUMINOR HÔTEL DE VILLE 20, rue du Temple, 75004 Paris - Métro Hôtel de ville (L1) et Rambuteau (L11)

Des films pour raconter l’Homme libre




Des films pour raconter l’Homme libre
A bien des égards, le cinéma berbère reste encore méconnu, ici et là. Pourtant, depuis déjà quelques décennies, des films berbères ont été réalisés et ont eu un succès d’estime fort intéressant. Le Festival international du film berbère sera une belle halte pour montrer au grand jour les créations des cinéastes berbères. Paris, la Ville Lumière, est un endroit idéal pour démarrer ce Festival. Paris est également une ville berbère : les Berbères y sont venus, il y a très longtemps de cela. Paris est un grand carrefour du cinéma mondial : c’est donc ici que les films berbères ont la possibilité de raconter l’Homme libre.

Oui le Berbère ne s’appelle pas lui-même Berbère mais plutôt Amazigh, c'est-à-dire l’Homme libre. En Afrique du nord, espace naturel des Berbères depuis la nuit des temps, il n’était pas toujours possible de faire des films en berbère. Les dirigeants de ces pays ont, durant des années, cultivé l’oppression de la culture berbère. Mais le peuple amazigh ne s’est jamais laissé faire. La situation a commencé à évoluer après le printemps amazigh de Kabylie qui avait vu, au mois d’avril 1980, toute une région se soulever contre l’arbitraire.

A l’origine de cette révolte de la dignité et de la liberté, l’essai d’un écrivain, « Poèmes kabyles anciens » de Mouloud Mammeri. C’est l’interdiction de faire connaitre ces poèmes anciens aux étudiants de l’université de Tizi Ouzou qui a généré le printemps amazigh. Plus tard, l’un des films berbères les plus marquants, « La Colline oubliée » sera adapté par le cinéaste Abderrahmane Bouguermouh (paix à son âme, il vient de nous quitter) justement du roman de Mouloud Mammeri. Histoire poignante d’une époque charnière de cette belle Kabylie, toujours rebelle, « La Colline oubliée » est, en réalité, un film-poème ; une œuvre qui cerne les valeurs kabyles au moment où le monde entier vacille au début de la deuxième guerre mondiale. « La Montagne de Baya », film berbère de feu Azzedine Meddour, est incontestablement l’un des films algériens les plus aboutis. Grâce à un scénario de haute facture, l’enfant de la vallée de la Soummam, en basse-Kabylie, mêle légendes et réalités pour montrer l’éternelle résistance d’un peuple. « Machaho » de Belkacem Hadjadj ou encore «  Si Mohand Ou Mhand, l’insoumis » de Lyazid Khodja et de Rachid Benallal, tentent, avec réussite, de restituer de larges pans de l’histoire berbère.

Au Maroc, le cinéma berbère a également beaucoup progressé; il a d'abord commencé il y a deux décennies par la production de films vidéo pour ensuite s'améliorer avec des films long métrage. Ce cinéma raconte avec réalisme le vécu du Maroc profond, surtout le Maroc du sud. Ici également, on trouve des cinéastes qui partent à la recherche d'un passé où toute la région de l'Afrique du nord était unifiée. Ainsi les films " Tirukza i Temghart" de Abdelaziz Oussayah, "Anaruz" de Abdellah Abdaoui ou encore " Tabrat" de Ali Ait Bouzid sont des fictions qui apportent un plus certain au cinéma berbère.

Cependant le cinéma berbère marocain est encore dominé par le court métrage, comme c'est le cas d'ailleurs également en Algérie. Par la suite, d’autres thématiques, d’autres réalisateurs, sont venus enrichir le cinéma berbère, en Afrique du nord ou dans la diaspora berbère. L’image s’avère un bon outil pour transmettre une culture, une vision du monde et surtout, comme les Amazighs savent le faire depuis des lustres, de l’amour et de l’humanisme.